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LES PROUESSES DES LIANES
mai 20, 2007, 10:57
Filed under: Tome 2
Les lianes sont les plus longues plantes de la forêt et résistent mieux que les arbres. Leurs trajets en trois dimensions au sein d’une parcelle forestière fournissent de précieuses indications sur l’histoire de la parcelle.
De plus, pour grimper, elles disposent de remarquables dispositifs d’accrochage. D’une espèce à l’autre, ce sont des rameaux en zigzag, des tiges volubiles, des ventouses, des flagelles à crochets, des vrilles, des poils semblables à ceux d’un Velcro, des tire-bouchons, etc…
Elles ont cependant un handicap: elles n’ont guère de rigidité mécanique, car elles n’investissent pas beaucoup, contrairement aux arbres, dans les tissus de soutien. Il s’agit de la perversion de sa lecture: l’ apparente rigidité et dureté de la liane n’est que souplesse et légèreté.
Leur manque de rigidité mécanique ne devrait leur permettre ni de s’élever seules verticalement sur une hauteur de 20-30 mètres, ni même horizontalement parcourir des distances de 10-15 mètres, qui séparent l’arbre support des arbres voisins. Cependant elles semblent réaliser ce genre d’exploit, elles s’élancent en direction de la canopée puis vers les couronnes voisines de la cime.
Ce paradoxe peut s’éclaircir si l’on tient compte de ce que la liane ne fait que refléter les étapes de vie des arbres-supports. La liane ne peut certes pas s’élever seule mais peut accompagner la croissance en hauteur de l’arbre. Elle ne peut pas plus franchir seule de longs trajets horizontaux mais elle a su à un moment utiliser une branche séparant deux cimes et se raccrocher au nouveau support. Une liane dessine-t-elle une spirale dans le vide ? Elle ne fait que révéler la mort et la disparition d’un arbre qui lui a servi de support intermédiaire. Ainsi la « lecture » des trajets des lianes permet d’accéder à l’histoire locale de la forêt.
De plus, les lianes qui investissent peu dans la rigidité de leur tronc, sont économes en ce qui concerne le soutien mécanique de leurs feuilles. Il s’agit d’une économie en carbone, l’élément de base qui fournit aux arbres leur rigidité. Les feuilles des lianes, moins riche en carbone que celles des arbres, sont en revanche plus riche en azote, ce qui va de pair avec une photosynthèse plus active, une plus grande faculté à s’adapter à des éclairements variés, donc, une plus grande compétitivité que celle des arbres-supports.
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